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désarmement nucléaire

Pour un monde dénucléarisé : désarmement, sortir du nucléaire civil et militaire

dimanche 21 septembre 2003

Forum

"Pour un monde dénucléarisé : désarmement, sortir du nucléaire civil et militaire"
Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire et Stop-Essais


Rassemblement LARZAC 2003, Plateau du Larzac, 8 août 2003


Ce Forum a rassemblé plusieurs centaines de personnes. Il s’est tenu le vendredi 8 août de 18 à 20 heures.

Forum

"Pour un monde dénucléarisé : désarmement, sortir du nucléaire civil et militaire"
Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire et Stop-Essais


Rassemblement LARZAC 2003, Plateau du Larzac, 8 août 2003


Ce Forum a rassemblé plusieurs centaines de personnes. Il s’est tenu le vendredi 8 août de 18 à 20 heures.

La séance est présidée par Jean-Marie Matagne (ACDN), qui introduit le débat. Il faut établir la nécessité du désarmement nucléaire, ses liens avec la sortie du nucléaire civil, et explorer les moyens d’agir. La planète vit sur une poudrière : l’équivalent de 350 000 bombes d’Hiroshima, de quoi anéantir 15 fois l’humanité. Les 57 mégatonnes de la France pourraient faire théoriquement 1 milliard de morts, les Français devenant à la fois complices et victimes de crimes contre l’humanité. Mais ils semblent ignorer cette absurdité. Les médias, les partis politiques, entretiennent leur indifférence apparente. La dernière campagne présidentielle, où le président d’ACDN s’était risqué pour soulever la question, en est l’illustration : petits ou grands, les candidats en lice ont parfois critiqué le nucléaire civil, pour ainsi dire jamais le militaire. Un référendum permettrait de lever le tabou, mais pour l’obtenir puis le gagner, il faudrait que les antinucléaires associent leurs efforts sur ces deux terrains.

Dominique Lalanne (Stop-Essais) : Le désarmement nucléaire est dans l’impasse. Les Américains sont les plus grands "délinquants" du TNP (Traité de Non Prolifération) puisqu’ils construisent des mini-nukes, armes nucléaires de faible puissance pour le champ de bataille et ils ont adopté la doctrine de guerre préventive contre les Etats à velléité nucléaire, en violation de la Charte de l’ONU. En 2005, la Conférence de Révision du TNP se réunit à New York. Il faut qu’une décision soit prise pour arrêter ce processus suicidaire. Deux campagnes mondiales se préparent. L’une autour du maire d’Hiroshima qui appelle à une mobilisation citoyenne avec une menace de boycott. L’autre correspond à une proposition des groupes français et anglais du réseau Abolition 2000 prônant une initiative européenne. Ces propositions rejoignent le souhait de Kofi Annan d’une conférence sur les « dangers du nucléaire ». Aux Journées du Désarmement Nucléaire à Vénissieux les 24, 25 et 26 octobre, nous discuterons de ces différents projets.

Rob Boogert (Akties Tegen Kernwapens / Actions contre les Armes Nucléaires), s’exprimant en anglais, expose une forme d’action militante très pratiquée aux Pays-Bas et en Belgique : les « inspections citoyennes » d’établissements militaires soupçonnés d’héberger des armes nucléaires de l’OTAN, illégales au regard du droit international (avis de la Cour Internationale de Justice de La Haye de 1996 considérant l’emploi ou la menace d’emploi des armes nucléaires comme contraires, d’une façon générale, au droit international ; article VI du TNP). En fait, ces « inspections » non-violentes où les gens franchissent les clôtures des bases militaires, entraînent des centaines d’interpellations suivies de procès qui font grand bruit dans les médias, ce qui est un moyen efficace d’alerter l’opinion. Une action de ce type aura lieu à Bruxelles, au quartier-général (SHAPE) de l’OTAN, le 25 octobre prochain. Rob invite les participants au Forum à s’y joindre, s’ils le peuvent. On trouvera l’information sur cette action sur le site http://motherearth.org/

Stéphane Lhomme (Réseau « Sortir du nucléaire ») montre que les liens entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire sont nombreux. Si le nucléaire civil est dangereux -ce sera l’un des objets du forum du lendemain organisé par le Réseau sur la politique énergétique-, le militaire l’est à plus forte raison et par nature. Depuis la deuxième guerre mondiale, l’intérêt des Etats pour l’énergie nucléaire est surtout motivé par son usage militaire, son usage civil étant une retombée, un alibi, ou les deux à la fois. Les militaires ont besoin de l’industrie nucléaire comme pourvoyeuse de technologies, de matériaux fissiles (plutonium…), et de « consensus » pronucléaire. Mais ils poursuivent leurs propres objectifs, par exemple actuellement les recherches au Laser Mégajoule du Barp, près de Bordeaux. Les antinucléaires doivent avoir présente à l’esprit cette double dimension, civile et militaire, de l’énergie nucléaire.

Après ces exposés ayant duré trois-quarts d’heure, les interventions émanant de la salle sont nombreuses et variées. On ne peut qu’en citer quelques-unes.

Concernant les liens entre nucléaire civil et militaire, un ancien du Commissariat à l’Energie Atomique confirme leur ancienneté. Lors d’une rencontre avec Pierre Mendès-France, qu’il connaissait personnellement, ce dernier lui avait dit que les militaires avaient besoin des progrès de la recherche civile. Ajoutons que c’était déjà le sentiment du général de Gaulle lorsqu’il créa le CEA fin 1945, et que PMF, devenu en 1954 président du Conseil (Premier ministre), tira lui aussi d’un voyage en Amérique la conclusion qu’il fallait disposer de l’arme nucléaire pour « se faire entendre » dans le « concert des nations ».

En réponse à une question sur l’armement français, Dominique Lalanne précise que les forces nucléaires françaises sont en cours de modernisation. D’ici 2010, nous allons renouveler toute notre panoplie : nouveaux missiles, pouvant atteindre Pékin depuis le Cap Nord, nouvelles têtes nucléaires, nouveau sous-marin lance-engins et nouveau porte-avions, nouveaux avions. Enfin, mentionnons le programme de simulation des essais et la recherche pour le long terme avec le laser Mégajoule pour l’allumage de la fusion nucléaire par laser.

Un étudiant bordelais signale que la recherche universitaire profite des installations du Barp. En fait, ce bénéfice est des plus minces et sert, là encore, d’alibi : l’armée prévoit d’accorder 10 % du temps d’utilisation à la recherche civile, et conserve la haute main sur les finalités de la Ligne d’Intégration Laser et du futur Laser Mégajoule.

Concernant l’indifférence des partis à la question du désarmement nucléaire, une militante verte proteste que son parti a inscrit de longue date cet objectif dans son programme. Plusieurs intervenants le reconnaissent, mais soulignent, ce qu’elle admet, que les Verts n’ont rien fait ou obtenu en ce sens lorsqu’ils étaient au gouvernement, et que leur candidat à la dernière présidentielle, bien qu’ayant pris position dans son programme, n’a pas fait sa campagne sur ce sujet. En France, tout homme politique qui veut avoir l’air « crédible » fait l’impasse sur cette question.
Parmi les moyens d’action, celui proposé par Rob (inspections civiles), a paru très intéressant, de même que les actions de Trident Ploughshares en Grande-Bretagne (occupation, voire « sabotage » de sous-marins nucléaires) mais guère applicable en France : l’attitude des instances juridiques y est tout autre que dans les pays de tradition anglo-saxonne. En matière de défense nationale, elles s’alignent sur le pouvoir. Ainsi, Serge Levillayer, militant cherbourgeois poursuivi par la Direction des Constructions Navales pour avoir rappelé sur un chemin menant à l’arsenal l’avis de la Cour Internationale de Justice cité précédemment, a été condamné à une amende de 1000 francs, transformés en Euros en appel. De même, le Conseil Constitutionnel auquel J-M Matagne, en tant qu’ex-candidat à la présidentielle, avait demandé d’invalider les candidatures de MM. Chirac et Jospin pour non-respect du TNP, donc de l’article V de la Constitution française, et pour leur entente illicite en vue d’exclure les questions de défense du débat électoral, s’est tiré d’embarras en se déclarant incompétent.
On ne manque pas pour autant de moyens de sensibiliser l’opinion, les médias, les élus. Outre ceux évoqués dans les exposés d’ouverture, outre les réunions publiques, un bon moyen peut consister à proposer aux municipalités d’adhérer au Réseau international « Abolition 2000 ». C’est ce que ACDN a obtenu de la Ville de Saintes où se sont tenues ensuite les 1e JDN, puis d’une petite ville voisine. Ces exemples pourraient être suivis. La procédure est simple ; on peut en prendre connaissance sur le Forum d’Abolition 2000 http://www.abolition2000.org/ ou par l’intermédiaire d’ACDN ou Stop-Essais. Enfin, le « Tour de France antinucléaire » prévu par le Réseau « Sortir du nucléaire » pour le printemps 2004 (du 26 avril à fin mai) devrait être l’occasion de sensibiliser l’opinion aux différents dangers du nucléaire, puisque ses étapes se feront dans des sites ou des villes ayant un rapport avec ses deux formes, civile et militaire, ou leurs alternatives.

Le président de séance conclut le Forum en invitant tous les participants à se rendre au Forum du lendemain sur les alternatives énergétiques au nucléaire et, s’ils le peuvent, à Vénissieux pour les 2e Journées du Désarmement Nucléaire.

Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire
acdn.france@wanadoo.fr http://acdn.france.free.fr

Stop-Essais - Pour l’Abolition des armes nucléaires
stop.essais@wanadoo.fr

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